Rotterdam paie ceux qui renoncent à leur voiture

Ville portuaire de renommée internationale, Rotterdam vient d’inaugurer un concept qui va peut-être révolutionner la mobilité. C’est le péage positif.

Rotterdam, aux Pays-Bas, abrite l’un des plus importants ports du monde. C’est le plus grand d’Europe. Mais c’est aussi, et surtout, la huitième ville la plus embouteillée de la planète. Chaque jour, 260’000 voitures y entrent. Ce qui provoque plus d’une centaine de kilomètres de file aux heures de pointe. À un certain moment, les autorités ont dit stop. Mais il fallait trouver un moyen. Elles ont alors décidé de ne plus
construire de nouvelles routes, mais tout simplement d’inciter les automobilistes à abandonner leur voiture pendant les heures de pointe.

PROJET PILOTE
BNV Mobility, filiale du groupe français Egis, a ainsi développé un projet pilote afin de limiter les déplacements des automobilistes aux moments les plus chargés. Le dispositif repose sur le principe du «péage inversé» ou «péage positif». Expérimenté depuis cinq ans à Rotterdam, il est passé récemment à sa phase de déploiement. Pour inciter les usagers à franchir le pas, Rotterdam les rétribue. La ville promet ainsi aux automobilistes qui laissent leur voiture au garage entre 6h30 et 9h30 et entre 15h30 et 17h30 une somme de 3€ par jour. Les participants au programme peuvent gagner jusqu’à 120€ par mois, pendant 6 mois au maximum. Concrètement, les habitants intéressés doivent s’inscrire sur un site internet dédié. Ils doivent accepter toute une série de contraintes comme celle d’autoriser la ville à utiliser les données issues des caméras pour filmer leur plaque d’immatriculation tous les jours. Car Rotterdam a installé un vaste réseau de caméras sur son périphérique pour vérifier que les automobilistes participants respectent leur engagement ou n’empruntent pas d’autres voies pour tricher.

EXPORTER LE CONCEPT
Le but était qu’après cette période de test, ils laissent toujours leur voiture au garage ou décalent leur horaire de travail. Et selon les autorités, cela fonctionne plutôt bien. Après 6 mois, 85% des automobilistes continuent à venir en ville par d’autres moyens. Désormais, l’enjeu est d’exporter ce concept hors des Pays-Bas. Plusieurs cités françaises sont d’ores et déjà intéressées. La région Ile de France et la ville de Lille sont
sur les rangs. Et Genève?

 

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