Les routes du futur seront-elle toutes piézoélectriques ?

La piézoélectricité, vous connaissez? C’est la propriété que possèdent certains corps de se polariser électriquement lorsqu’ils subissent une contrainte mécanique… autrement dit: quand on presse dessus. Il vous est peut-être même déjà arrivé d’expérimenter ce phénomène, en utilisant une cuisinière à gaz par exemple. En appuyant sur le bouton d’allumage, on produit une tension électrique qui se décharge d’un seul coup sous forme d’étincelle. C’est de la piézoélectricité et son potentiel est énorme!

DE LA PISTE DE DANSE À L’AUTOROUTE
Un des premiers à l’avoir compris, c’est Daan Roosegaarde, un artiste Néerlandais féru d’innovations technologiques, d’autant plus si elles s’inscrivent dans la durabilité. En 2008, une année après avoir fondé Studio Roosegaarde, un bureau de design expérimental, il crée Club Watt, une discothèque dont le dancefloor récupère l’énergie des pas des danseurs et la transforme en électricité pour éclairer la salle. L’installation fait grand bruit et encourage son créateur à multiplier les projets, notamment en élargissant son champ d’action au trafic routier.

Imaginez qu’on applique ce principe à tous les lieux fréquentés, du supermarché aux gares et aéroports, aux routes, pistes cyclables et pourquoi pas, aux parcours Vita! Ces lieux publics et voies de communication seraient directement illuminés grâce à l’énergie produite par leurs usagers, au moment strict où ces derniers en ont besoin. Car voilà tout l’intérêt de ce concept, l’énergie produite par l’utilisateur, comme l’envisage Roosegaarde, sert directement à éclairer la portion de route ou la zone élargie sur laquelle il se déplace. Sans présence, sans force exercée sur les cellules, les lampadaires demeurent éteints. Si les cellules piézoélectriques venaient à se répandre, il n’y aurait plus de tunnels illuminés 24 heures sur 24 ou de ruelles désertes éclairées dans le vide. Mieux encore, le surplus d’électricité généré par le système serait directement réinjecté dans le réseau pour alimenter les villes alentours. Cerise sur le gâteau, Daan Roosegaarde a même imaginé coupler piézoélectricité et force du vent en semant de mini éoliennes le long des autoroutes, mais également à intégrer des peintures thermiques à la chaussée pour alerter le conducteur en cas de verglas via de larges flocons phosphorescents incrustés sur la route.

DES DOS D’ÂNE PIÉZOÉLECTRIQUES
Les formidables perspectives de la piézoélectricité ont motivé d’autres entreprises que le Studio Roosegaarde à investir dans le domaine. Ainsi, en Italie, la start-up lombarde Underground Power a été plusieurs fois récompensée pour la création de ralentisseurs piézoélectriques.

La structure, baptisée Lybra, intègre des cellules ultra-résistantes qui se placent en amont de ralentisseurs, de croisements où de giratoires fréquentés. Ces cellules récupèrent l’énergie dégagée par les véhicules en forte décélération, énergie qui est ensuite transformée en électricité.

Après dix ans de recherches et de tests, les six premiers modèles devraient être installés prochainement à Concorezzo en Italie, sur la route qui relie Monza à Trezzo. Underground Power estime que s’il est situé dans un tronçon fortement fréquenté, comme une zone de péages ou une sortie d’autoroute, un ralentisseur pourrait générer jusqu’à 100 000 kWh par an, soit exactement la quantité d’énergie produite par 19 tonnes de pétrole. De quoi couvrir les besoins en électricité de près de 40 ménages.

Autre pionnière de la piézoélectricité, l’entreprise Innowattech qui a développé et testé un système similaire sur des tronçons routiers étendus. Selon cette société israélienne, une portion d’autoroute de 1 km équipée de cellules piézoélectriques pourrait, à elle seule, produire près de 200 kWh/h, à la condition d’enregistrer un trafic minimum moyen de 600 véhicules par heure roulant à plus de 72 km/h.

UNE SOLUTION DURABLE À DÉVELOPPER
Les chaussées piézoélectriques, à l’instar des routes solaires, semblent avoir encore de la peine à convaincre les collectivités, qui s’interrogent sur le rendement réel et la résistance des équipements,bien que les premiers essais soient plutôt concluants. Il faudra donc s’armer de patience, mais on peut avoir bon espoir que ces routes du futur trouvent leur place dans le paysage urbain de demain.

Leila Rölli


Auteur : tcsgeneve

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