Christian Lüscher, point de vue

Conseiller national et avocat, Christian Lüscher partage avec nous ses positions sur la mobilité à Genève.

Comment Genève est-elle perçue à Berne au niveau de la mobilité et de la circulation ?

Genève a longtemps été perçue comme un canton ayant une politique illisible et comme étant désunie au niveau de ses représentants à Berne; cela s’est amélioré mais la Confédération dit qu’il y a des sujets d’ordre fédéral comme le contournement de Genève et qu’il y a des sujets purement cantonaux comme l’entrée dans la ville et la traversée de la rade.

Justement la Traversée de la Rade, vous y croyez toujours ?

La traversée du Lac plus que de la rade est le seul moyen de faire évoluer la situation ; il y a aujourd’hui des gens qui traversent la ville et qui ne la traverseraient jamais s’il y avait un véritable « ring ». On fait fausse route si on pense que la population, qui a appelé de ses vœux cette traversée, est en train de s’adapter à la congestion qu’elle vit au quotidien. S’il faut privilégier la mobilité douce, on doit néanmoins considérer les impératifs économiques car il y a beaucoup de gens qui ont besoin de leurs véhicules privés et qui n’ont pas forcément d’autres choix.

Quand vous allez à Berne, vous voyagez comment ?

Je n’utilise que le train et en ville je prends mon scooter ; je ne touche jamais à ma voiture en ville ; et ceci pour une simple raison : cela me rend « cinglé » de passer des heures dans la voiture sans être sûr que je pourrai me garer près de l’endroit ou je dois me rendre.

Avec le scooter, vous utilisez les voies de bus ?

Je ne peux pas vous répondre car mon avocat n’est pas présent !

Parlons des vélos en volle. Est-ce une solution à favoriser? Comment cela est le cas pour certaines personnes, vous agaçent-ils ?

Non ils ne m’énervent pas ; si les cyclistes n’étaient pas à vélo ils seraient probablement en voiture et donc ils participeraient encore plus au congestionnement de la ville. Leur relation avec les piétons est quelquefois problématique mais il faut bien souligner que, dans leurs relations avec les autos, les camions et les scooters, ils jouent leur vie ; ils doivent faire constamment attention car ils peuvent être les premières victimes de leurs écarts de conduite.

Le permis pour vous c’était à quel âge ?

18 ans et vous ne pouvez pas imaginer comme je piaffais en attendant de pouvoir passer le permis. Ce n’est pas le cas de mes enfants et j’ai pu constater que le permis de conduire n’est pas une première nécessité pour les jeunes d’aujourd’hui. Je suis d’une génération qui était devant le service des autos pour passer la théorie le matin même de ses 18 ans. Il faut dire aussi qu’on avait moins conscience des risques, qu’on roulait trop vite et que les voitures étaient moins sécurisées que maintenant ; mes enfants roulent de manière prudente, ils ont conscience du danger et ne se mettent pas dans des situations dans lesquelles nous nous mettions à l’époque. Et ça, c’est très positif.

Allez-vous au salon de l’automobile ?

J’y allais systématiquement avant d’être élu à Berne ; l’inauguration ayant lieu pendant les sessions du Conseil National je n’y vais plus que rarement ou alors si je suis particulièrement motivé, c’est à dire si je veux changer de voiture. A part cela c’est un événement excellent pour l’image de Genève à l’étranger et pour l’économie suisse en général. L’automobile reste quelque chose qui fait rêver, le salon de Genève est mondialement connu et j’espère bien qu’il continuera à faire rayonner la ville de nombreuses décennies encore. [Cet article a paru dans le journal Itinéraire de février 2019]

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