Pourquoi le TCS parie sur les voitures électriques

Depuis sa fondation, le Touring Club suisse, plus grand club de la mobilité helvétique avec 1.5 million de membres, a toujours assumé son rôle de pionnier en matière d’évolution technologique. Rencontre avec Jürg Wittwer, directeur général du TCS.

Jürg Wittwer

Loin de jouer les observateurs passifs, le TCS est actif dans tout ce qui concerne les déplacements motorisés privés. A cet égard, la voiture électrique semble gagner du terrain…

Jürg Wittwer : Sans aucun doute. Dès lors, et parce que nous avons été, de tout temps, impliqués dans la technologie de pointe, nous voulons être un acteur dans la profonde mutation qui va redessiner les contours de la mobilité du futur.                                                   

Vous considérez donc que ce type de véhicule a un avenir certain ?

J.W : Certes et nonobstant, le fait que cette technologie comporte encore un certain nombre d’inconnues. Je reste convaincu que la voiture électrique aura un rôle prépondérant dans cinq, dix ou quinze ans. Le TCS compte bien assurer son rôle d’influenceur pour se positionner à l’avant-garde de ce segment en pleine effervescence.

Hyundai Kona testée par le TCS Genève. Image prise au Centre de conduite TCS du Plantin

Utopie ou intime conviction ? L’électrique est encore très onéreuse et son autonomie n’est pas encore optimale ?

JW : Intime conviction car si l’on observe les derniers développements dans ce domaine, il n’y a pas de doute que l’auto électrique a toutes les chances de devenir le véhicule par excellence du futur. Je me réfère à différents paramètres. Tout d’abord, je constate que tous les constructeurs travaillent aujourd’hui sur des spécimens à propulsion électrique. Des douzaines de modèles seront sur le marché dans les trois ans à venir. Ce ne seront pas des prototypes mais bien des véhicules à l’usage des automobilistes. Car ceux qui les conçoivent ont un intérêt commercial à ce qu’ils soient performants.

Les batteries, qui ont soit gagné en efficience, ne sont pas encore au sommet de leur potentiel ?

JW : La batterie a, ces dernières années, gagné en densité énergétique. Et parallèlement, la courbe des prix est descendante. Au point que dans un avenir proche, le prix de la voiture électrique sera moins élevé que celui de la voiture dotée d’un moteur à combustion.

Du point de vue de la technique, quelle différence entre les deux types de moteur ?

JW : Le moteur à propulsion électrique est singulièrement et peut-être paradoxalement plus simple que le moteur à combustion. Pour caricaturer, il y a moins de pièces. Dès lors les pannes sont moins fréquentes, ce qui le rend particulièrement fiable. En outre, le véhicule électrique constitue la plateforme idéale, celle qui répond au mieux à nos besoins d’hyper-connectivité (smartphones notamment) et celle qui permet le mieux le développement de la conduite autonome.

L’industrie de la voiture électrique est, souligniez-vous, en plein essor ?

JW : En effet. Les constructeurs chinois sont en train de faire les premiers pas pour investir les occidentaux. Ils sont actuellement en train de produire des véhicules, financièrement accessibles, pour leur propre marché. Soit, ils doivent encore gagner en qualité et améliorer le design. Mais en achetant des marques, Volvo en 2010 et en entrant dans le capital de Daimler, ils vont acquérir de l’expérience et de l’expertise dans ces domaines.

Moins polluantes que les voitures qui usent de carburants, les autos électriques sont la panacée ?

JW : Comme toute technologie émergente, il y a encore des problèmes à résoudre. S’il est vrai que le moteur électrique n’émet pas de gaz polluant, qu’il permet de circonscrire les nuisances sonores, il faut encore trouver un moyen de produire de l’électricité « propre ». En Suisse, nous avons un privilège important. Une large part de la production électrique provient de centrales hydrauliques. Et puis, il faut que le réseau électrique puisse être apte à répondre à la demande d’une arrivée massive de voitures électriques. Enfin, aujourd’hui aucun constructeur n’est prêt, précisément, pour la fabrication à large échelle de véhicules électriques. Le prix, l’autonomie, l’inadaptation du réseau d’alimentation représentent encore un frein à la mobilité électrique pour un large public. Mais, ce qui peut être considéré comme une véritable révolution est déjà en marche et ces problèmes trouveront une solution dans les années à venir.

Vous évoquiez les fabricants chinois, prêts à investir les grands espaces économiques, comme l’Europe et les États-Unis. D’autres constructeurs ont l’œil rivé sur les jeunes pousses de la technologie automobile ?

JW : Un grand nombre de start-up planchent sur des modèles qui ne seraient pas simplement des copies, version électrique, des voitures à combustion. Des modèles de véhicules monoplaces, d’autres où le conducteur est debout, ont déjà été présentés. Le chemin est encore long, peut-être, mais la mobilité électrique est incontestablement sur la voie royale.

Le TCS pourra-t-il s’adapter à cette nouvelle configuration ?

JW : Le TCS est déjà prêt. Car il y a longtemps, que notre Académie de la mobilité (Cellule de réflexion qui s’occupe, depuis 2008, de mobilités porteuses d’avenir et durables) se questionne sur toute nouvelle technologie. Nos services de dépannage sont formés et se forment constamment pour assurer la prise en charge des véhicules électriques. Ces changements au sein de notre organisme ne se font pas au détriment des automobiles « traditionnelles » qui tiennent encore le haut du pavé. Mais il en va de la voiture comme du téléphone mobile. Qui aurait imaginé dans les premiers temps du smartphone, qu’il allait se démocratiser et comporter autant de fonctions ? Le TCS fidèle à sa devise « Toujours à mes côtés » est là pour défendre les intérêts de la mobilité individuelle de ses membres – indépendamment du type de moteur ou du combustible utilisé.

Propos recueillis par Adélita Genoud

BON PLAN

Rendez-vous le samedi 15 juin 2019, de 10h à 17h au Centre de conduite TCS du Plantin à Meyrin. L’événement est ouvert au public et est gratuit. Vous avez l’occasion de tester des voitures électriques de différentes marques (Audi, BMW, Jaguar, Hyundai, Nissan, Renault, Tesla)…une manière de rêver pour certains, se projeter vers le futur ou peut-être poser des questions aux constructeurs sur les nouvelles technologies ou encore tester une voiture pour un nouvel achat. Vous voulez mettre à jour votre dossier TCS ? C’est le moment, il y a de belles promotions.

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