Des candidats genevois au Conseil des États face à la mobilité

Transition énergétique, densification de l’urbanisation et de la population, la mobilité est au cœur des politiques publiques. Genève s’apprête à inaugurer le Léman Express, le réseau transfrontalier ferroviaire, qui va impacter le déplacement des personnes. A la veille des élections au Conseil des États, quelle est la vision sur la mobilité urbaine et supra urbaine de six candidats genevois ? Quels dossiers liés à cette problématique ont-ils défendus devant les parlements ?

Carlo Sommaruga (PS), Lisa Mazzone (Les Verts), Béatrice Hirsch (PDC), Hugues Hiltpold (PLR), François Baertschi (MCG), Céline Amaudruz (UDC)

Céline Amaudruz (UDC)

Votre vision de la mobilité ?

Dans ma conception des choses, on n’oppose pas le public au privé, on veille à ce qu’ils soient complémentaires. Dans les centres urbains, une grande cadence permet aux usagers de se passer de véhicules privés, ce qui n’est pas le cas dans tout le pays. Les transports publics à la campagne sont régulièrement soumis à une pression financière liée à la fréquentation qui est parfois faible, d’où la question de savoir s’il vaut encore la peine d’offrir la prestation quand si peu de monde en profite. C’est là qu’intervient le transport privé qui prend le relai. Dans ces conditions, augmenter les taxes sur l’essence ne fait que punir les personnes qui vivent dans l’arrière-pays et non en pleine ville, ce qui n’est pas tolérable. Compte tenu de l’accroissement démographique très important, nous devons adapter nos infrastructures à la nouvelle demande. Cela signifie plus de places dans les transports publics et des voies routières plus performantes.

En tant que Genevoise, la troisième voie autoroutière et la traversée du Lac me préoccupent tout particulièrement. C’est notre Arlésienne.

Les projets que vous avez soutenus ?

J’ai récemment voté en faveur du contournement routier du Locle et de La Chaux-de-Fonds ainsi que la ligne directe haut-bas en train. A Genève, je m’engage également pour une traversée du lac au moyen de ferries ne nécessitant que peu d’infrastructures et pouvant être mis en place rapidement sans peser sur les finances publiques. A Berne, je me suis battue contre les projets de taxes frappant les automobilistes et contre les amendes routières dont le but est surtout de remplir les caisses.

Et vous, comment vous déplacez vous ?

  • A pied ? Aussi souvent que possible. J’essaye de faire mes 10’000 pas par jour.
  • En transports publics ? J’utilise presque quotidiennement les transports publics : train pour voyager en Suisse et tpg à Genève.
  • En voiture ? Le moyen de transport que je préfère. Utilisation quotidienne.
  • En avion ? Dès que je voyage (quand la voiture ou le train sont moins efficaces ou impossibles).

François Baertschi (MCG)

Votre vision de la mobilité ?

Ma priorité absolue est la construction, dans les meilleurs délais, d’une troisième voie autoroutière de Genève à Lausanne, couplée à une traversée lacustre. Bien évidemment, cette politique s’inscrit aussi dans le cadre du développement technologique (électromobilité, hydrogène, etc.) qui va nous conduire vers des véhicules non polluants dans la prochaine décennie.

Plus généralement, je suis favorable à une société de liberté fondée sur le libre choix du mode de transport ; et la logique nous conduit à une complémentarité de chacun de ces modes.

Concernant les transports publics, j’étais favorable au développement d’un réseau de métro automatique léger (comme à Lausanne) et d’un RER avec un meilleur réseau que celui du CEVA.

Je suis en faveur de la construction de parkings de taille XXL à prix très avantageux.  Je suis aussi favorable à une vignette à la frontière du canton afin de dissuader les parcours quotidiens sur des trajets pendulaires de 100 ou 200 kilomètres.

Les dossiers que vous avez soutenus ?

J’ai pris une part très active à la réussite du référendum contre la fermeture de rues en Ville de Genève. Je me suis également opposé au plan de refonte de la circulation voté lors de la précédente législature. Par ailleurs, concernant les véhicules à assistance électrique, j’ai soutenu la motion demandant d’en tenir compte au niveau de la sécurité routière.

Et vous comment vous déplacez-vous ?

  • A pied ? Oui tous les jours et sur des trajets assez longs.
  • En deux-roues motorisés ou vélo ? J’ai renoncé au vélo
  • En transports publics ? Environ tous les deux jours je me déplace en tram et en bus
  • En voiture ? Une ou deux fois par semaine, je conduis la voiture du MCG pour amener du matériel sur les stands politiques de notre Mouvement.
  • En avion ? Tous les deux ou trois ans.

Hugues Hiltpold (PLR)

Votre vision de la mobilité ?

Je suis attaché à une mobilité diversifiée qui tienne compte de la destination voulue, du temps pour y parvenir et surtout du choix de l’usager ! Je suis favorable à un réseau de transports publics performants dans les centres urbains qui incitent les usagers de la route à délaisser leur voiture pour aller travailler ; cela permet aux transporteurs professionnels (livraison, chantier, etc.) de pouvoir circuler plus facilement. Je suis également favorable au développement simultané des infrastructures ferroviaires et routières : cela offre un choix sur le mode de transport que l’usager souhaite emprunter. En outre, je pense qu’il faut poursuivre le développement de l’équipement routier (assainissement du réseau ou élimination des goulets d’étranglement) et engager les études pour PRODES 2040 (développement de l’infrastructure ferroviaire). Je souhaite m’engager pour qu’on puisse développer la mobilité du futur qui passera inévitablement par des voitures autonomes, une forme de RER à grande vitesse commerciale et une mobilité douce qui soit intégrée dans le réseau urbain et périurbain (sans conflit).

 Les dossiers mobilité que vous avez soutenus ?

En tant que membre de la Commission des transports et des télécommunications, je me suis beaucoup investi pour que les projets de créations des fonds ferroviaires et routiers pérennes (FAIF et FORTA) soient plébiscités par le peuple. Je me suis également engagé cette année pour que le programme de développement des infrastructures ferroviaires et routières soit voté par les Chambres fédérales.

 Et vous, comment vous déplacez-vous ?

  • A pied ? Tous les jours pour me rendre à mon bureau d’architectes. Souvent aussi pour visiter les chantiers en réalisation.
  • En transports publics ? Plusieurs fois par semaine, notamment pour visiter les chantiers en cours.
  • En deux-roues motorisés ? Propriétaire d’une Harley-Davidson, je me déplace fréquemment à moto en ville durant la semaine (selon la destination et la météo). Parfois également l’été pour aller me balader en Suisse.
  •  En voiture ? Je circule surtout le week-end en voiture, principalement en quittant Genève pour aller me ressourcer à la montagne (ski en hiver et balade en été).
  • En avion ? Je prends généralement l’avion dans le cadre de mes activités parlementaires (notamment en tant que membre de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE). Parfois également pour aller en vacances visiter un autre continent.

Béatrice Hirsch (PDC)

Votre vision de la mobilité ?

La mobilité est une condition-cadre primordiale, au même titre que la fiscalité, la qualité de l’enseignement ou la sécurité. Je considère que la politique de la mobilité n’est pas de gauche ou de droite. Elle est efficace ou elle ne l’est pas. Notre mobilité quotidienne est devenue plurielle : nous sommes tour à tour piéton, cycliste, automobiliste, utilisateur des transports en commun. La situation que connaît notre canton est contraire aux intérêts de l’économie et de la population. Les entreprises perdent de l’argent dans les bouchons qui péjorent la qualité de vie. L’arrivée du Léman Express nous donne l’opportunité de révolutionner la mobilité. Mais le Léman Express n’est qu’un début. Nous devons planifier d’ores et déjà l’extension future du RER à Bernex, Plan-les-Ouates, à l’aéroport et à la Zimeysa. Il faudra que les élus fédéraux genevois s’engagent avec force, aux côtés du Conseil d’Etat genevois pour obtenir un soutien financier significatif de la Confédération. A ce titre, l’extension de la gare souterraine de Cornavin est capitale.

Les dossiers mobilité que vous avez soutenus?

Ayant une carrière politique cantonale et communale, les dossiers défendus le sont à cette échelle et à l’image de ma vision de la mobilité : multimodaux. Que ce soit pour les projets routiers, comme la traversée de Vésenaz ou le tracé du contournement de Genève Sud (finalement refusée par le Grand Conseil) ou pour l’initiative en faveur d’une multiplication de pistes cyclables à Genève.

Et vous, comment vous déplacez vous ?

  • A pied ? Peu souvent.
  • En deux-roues motorisés ou vélo ? A vélo, fréquemment, le mien est électrique ce qui me permet d’arriver à destination sans trop transpirer.
  • En transports publics ? Le bus est réservé pour les rares fois où la météo empêche le vélo, et le train pour de plus longues distances en Suisse.
  • En voiture ? J’utilise ma voiture, principalement le week-end, ou tard le soir, pour les trajets à plusieurs ou pour transporter des volumes qui ne sont pas transportables à vélo.
  • En avion ? Je ne le prends pas plus d’une fois par année, pour des vacances.

Lisa Mazzone (Les Verts)

Votre vision de la mobilité ?

Il est indispensable de réaliser des aménagements compatibles avec notre qualité de vie. Le bruit routier et la pollution de l’air nuisent à notre santé, tandis que le transport routier, principale source d’émissions de CO2 en Suisse, est un défi face à l’urgence climatique. Je m’engage donc à privilégier la mobilité douce et les transports publics, avec des centres piétons, des pistes cyclables sûres et continues et un fort réseau de transports publics accessibles.

Le moyen de transport idéal pour absorber le trafic pendulaire de l’agglomération est le train. Le Léman Express est une étape majeure, qu’il faut poursuivre en développant les trains régionaux. Pour cela, nous avons besoin des financements fédéraux, pour lesquels je m’engage. En parallèle, nous devons continuer de déployer les trams et la mobilité douce grâce aux projets d’agglomération, à l’image de la voie verte. Enfin, suite à l’acceptation de l’article constitutionnel sur le vélo, il est temps d’adopter un masterplan national pour le trafic quotidien et les loisirs.

Les dossiers mobilité que vous avez soutenus ?

Dans le cadre de mon engagement professionnel à PRO VELO Genève, j’ai suivi de nombreux projets d’aménagement pour améliorer concrètement la sécurité et la fluidité des cyclistes. Au Grand Conseil, j’ai notamment participé activement à la rédaction de la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée, qui permet d’apaiser les centres urbains et qui a été acceptée par plus de 70% de la population. Je poursuis mon engagement pour une mobilité durable au niveau national en tant que vice-présidente de l’ATE suisse.

Et vous, comment vous déplacez-vous ?

  • A pied ? Tous les jours, comme tout le monde !
  • En transports publics ? En ce moment presque quotidiennement avec la poussette de mon bébé. Et de manière générale, je suis souvent dans le train entre Genève et Berne.
  • En deux-roues motorisés ou vélo ? Je suis une adepte du deux-roues sans moteur.
  • En voiture ? Je n’ai pas de permis de conduire.
  • En avion ? 5 fois dans ma vie.

Carlo Sommaruga (PS)

Votre vision de la mobilité ?

Notre société est une société de mobilité. Cette mobilité doit être accessible à tous et toutes, avec impérativement le moindre impact environnemental. Je défends donc en priorité la mobilité douce et les transports publics électriques : bus, tram ou métro et train. Pour les voitures, une transition rapide vers l’autopartage électrique s’impose. C’est globalement moins de véhicules, plus d’efficience d’utilisation des véhicules, moins de frais pour les ménages et pour les pouvoirs publics et surtout moins de CO2. Je suis opposé aux lignes de bus interurbaines et aux vols saut-de-puce par avion, comme Genève-Zurich ou Genève-Paris, alors qu’il y a des lignes ferroviaires et qu’une large réintroduction des trains de nuit au niveau européen est possible.  Pour les marchandises, je défends le renforcement du transport par rail et des systèmes automatisés électriques comme le projet Cargo de métro souterrain interurbain pour les marchandises. 

Les dossiers mobilité que vous avez soutenus ?

Co-fondateur de l’association Alp-rail qui a relancé l’idée du CEVA, j’ai toujours soutenu ce projet structurant pour notre canton. Pour assurer des ressources en faveur d’équipements favorisant la mobilité à Genève, j’ai soutenu à Berne la création du Fond d’infrastructure ferroviaire, des enveloppes financières généreuses pour le Programme de développement du réseau ferroviaire et voté la loi fédérale sur le fonds pour les routes nationales et pour le trafic dans les agglomérations

Et vous comment vous déplacez-vous ?

  • A pied ? Tous les jours. Vous avez oublié le vélo ! Je me déplace régulièrement en vélo électrique.
  • En transports publics ? Toujours, lorsque je ne me déplace pas à pied ou à vélo.
  • En deux roues motorisés ? Plus depuis 25 ans suite à un accident !
  • En voiture ? Je n’ai pas de voiture. Je suis adepte de l’autopartage. Mais l’utilise très rarement.
  • En avion ? En de très rares occasions professionnelles et pour les vacances familiales hors des pays limitrophes à la Suisse.

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