Déconfinement et mobilité

Vers une reprise de la mobilité ?

Au début du déconfinement annoncé le 19 avril dernier par les autorités, comment le réseau des transports publics et les autres moyens de déplacement perçoivent la reprise de la mobilité? Pour l’ensemble des acteurs de la mobilité comme pour le TCS, le but reste avant tout d’accompagner les citoyens dans leurs déplacements présents et à venir.

Premier tour d’horizon à bord du Léman Express et de Mario Werren, directeur de Lémanis SA.

Dans le contexte actuel et suite à une baisse significative du trafic en général, quel est l’impact pour le Léman Express?

Mario Werren: L’impact été énorme pour l’ensemble des acteurs des transports publics et privés. Nous avons été obligés de nous adapter à la situation rapidement et cela s’est plutôt bien passé. Depuis le début de la crise, le trafic n’a jamais été totalement interrompu: le Léman Express a en effet maintenu un service minimum sur les lignes 1 à 6 (entre Coppet et Annemasse – Genève et la Plaine/Bellegarde) et mis en place un service d’autobus sur la Haute-Savoie qui a été le département le plus gravement touché.

Avez-vous une estimation chiffrée de cette baisse de trafic? 

C’est davantage de l’ordre de l’observation. On estime la baisse du trafic entre 80 à 90%, ce qui reste un chiffre colossal et témoigne de l’ampleur de la crise. Après le week-end de Pâques, on a constaté une légère augmentation avec un peu plus de monde sur nos lignes, les voyageurs prenant soin de respecter gestes barrières et consignes de sécurité.

Comment le Léman Express envisage le retour à la normale, et qu’est-ce que cette reprise va entraîner?

Le retour va être progressif et sans doute plus lent pour le Léman Express. La question de la reprise dépend aussi d’éléments d’ordre divers, à la fois humains et techniques. On déplore un nombre relativement élevé de malades du côté des mécaniciens en Suisse, et on ne sait pas encore à ce jour si tout le personnel navigant pourra reprendre ses fonctions au même moment. Il n’y a pas qu’au niveau des effectifs que la reprise risque de s’avérer complexe mais aussi au niveau technique. Un certain nombre d’ajustements va être nécessaire et la formation de nouveaux mécaniciens a pris du retard. Un retard qui concerne également les travaux courants qui sont effectués sur les voies. Rappelons qu’à la mi-mars (date du début de la crise – NDLR), le Léman Express n’était pas encore opérationnel à 100%. J’espère sincèrement que l’on y verra plus clair à partir du 11 mai. Dans tous les cas, nous devons veiller à bien nous organiser de façon à réagir rapidement et ce, pour assurer tant la sécurité que le bien-être de nos voyageurs et de nos équipes.

Quid de la gestion de la crise?

La gestion de la crise s’est bien passée à la fois à l’externe et en interne. Nous avons communiqué de manière régulière auprès de nos voyageurs sur le site du Léman Express, ainsi que sur les autres canaux que nous utilisons habituellement. Cette crise nous a aussi permis de revoir et d’adapter notre stratégie de communication. Nous sommes en train de mettre en place de nouveaux modes de communication, avec une présence accrue mais surtout proactive et interactive sur les réseaux sociaux.

Dans les mois prochains, comment allez-vous accompagner votre personnel et les voyageurs? 

Nous avons la mission d’informer, de protéger et d’accompagner nos personnels comme nos clients, même si nous n’opérons et ne nous adressons pas de la même manière aux uns et aux autres. À l’interne de Lémanis, il a été rapidement question de rassurer et d’accompagner nos collaborateurs, notamment dans la prise en charge du télétravail, ce qui reste un exercice complexe et de longue haleine. En ce qui concerne les voyageurs, nous avons mis en place avec succès des cellules de crise aux côtés des CFF et de la SNCF, relevant le défi des différences qui existent entre la Suisse et la France voisine. Je peux vous assurer que nous avons mis tout en œuvre pour répondre le mieux et le plus rapidement possible aux besoins et aux attentes de chacun.

Propos recueillis par Catherine Delaby

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