La rue des Grottes

Le quartier des Grottes est à lui seul un concentré d’Histoire populaire genevoise. À sa construction, au cours du XIXe siècle, il était peuplé essentiellement d’artisans horlogers et d’ouvriers avant de tomber progressivement en désuétude au cours du XXe. Il ressemble alors à un village en ruines. Il connaît sa renaissance et se taille une réputation rebelle quand à la fin des années septante ses résidents s’organisent pour résister au projet de destruction des autorités. C’est de cette confrontation que naîtra le mouvement des squats qui marquera la vie alternative locale. Ici, artistes, anarchistes et migrants se côtoyaient et incarnaient une autre Genève, tout aussi internationale mais bien plus irrévérencieuse! Que reste-t-il de cette histoire? La rue des Grottes, qui fend le quartier en deux, est modelée par cet héritage. De part et d’autre, se dressent des bâtisses aux couleurs pastel et aux volets de bois.

La fontaine au centre de la place du même nom fait face à la Maison Verte, petit chalet en bois, vestige d’une période où ce style architectural était en vogue. Le jeudi soir, on peut prendre le temps d’admirer sa façade sculptée en savourant vins et fromages locaux, lors de ce qui reste l’afterwork le plus sympa de la cité, où l’on doit jouer des coudes pour avancer et où il est courant d’engager la conversation avec de parfaits inconnus, chose à peu près impensable ailleurs à Genève. «Moi qui suis un enfant du quartier, je me souviens qu’il y avait des concerts tous les soirs à La Cordelière, le bar en bas de la rue. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus sage.», se rappelle Pascal Gauthey, debout derrière le comptoir de sa boutique de vente et réparation d’instruments à vents, Les Vents du Midi . Son enseigne, sise à la rue des Grottes depuis plus de trente ans, a eu le temps de voir les choses évoluer autour d’elle. Les bars et les boutiques changent tous les 4-5 ans. Néanmoins, il voit des points communs entre ceux qui partent et ceux qui arrivent: un amour de l’artisanat, de la récup’ et de la production éthique. C’est par exemple le cas de la plus récente des arrivées dans la rue, WUA LABoutique , lieu dédié aux modes africaines, où l’on peut acheter des vêtements en wax ou les faire faire sur mesure par un couturier présent sur place. «On valorise l’authenticité et l’ouverture sur le monde» explique Winnie Kumago, représentante de la marque. «Ici, nous pouvons être nous-mêmes sans être jugées. Nos clients sont très divers, à l’image du quartier, et c’est pour ça que c’était important pour nous de nous installer aux Grottes.» Certes, le quartier des Grottes est aujourd’hui plus tranquille qu’il ne l’a été par le passé. Certains nostalgiques diraient même qu’il s’est en partie embourgeoisé. Néanmoins, il reste ici de nombreux marqueurs de cet esprit si particulier de la contre-culture à la genevoise. Une vie associative riche et des événements culturels éclectiques pour ne prendre que quelques exemples. De quoi faire de chaque déambulation dans ses rues une petite aventure en soi! d’artisans horlogers et d’ouvriers avant de tomber progressivement en désuétude au cours du XXe. Il ressemble alors à un village en ruines. Il connaît sa renaissance et se taille une réputation rebelle quand à la fin des années septante ses résidents s’organisent pour résister au projet de destruction des autorités. C’est de cette confrontation que naîtra le mouvement des squats qui marquera la vie alternative locale. Ici, artistes, anarchistes et migrants se côtoyaient et incarnaient une autre Genève, tout aussi internationale mais bien plus irrévérencieuse! Que reste-t-il de cette histoire? La rue des Grottes, qui fend le quartier en deux, est modelée par cet héritage. De part et d’autre, se dressent des bâtisses aux couleurs pastel et aux volets de bois. La fontaine au centre de la place du même nom fait face à la Maison Verte, petit chalet en bois, vestige d’une période où ce style architectural était en vogue. Le jeudi soir, on peut prendre le temps d’admirer sa façade sculptée en savourant vins et fromages locaux, lors de ce qui reste l’afterwork le plus sympa de la cité, où l’on doit jouer des coudes pour avancer et où il est courant d’engager la conversation avec de parfaits inconnus, chose à peu près impensable ailleurs à Genève. «Moi qui suis un enfant du quartier, je me souviens qu’il y avait des concerts tous les soirs à La Cordelière, le bar en bas de la rue. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus sage.», se rappelle Pascal Gauthey, debout derrière le comptoir de sa boutique de vente et réparation d’instruments à vents, Les Vents du Midi . Son enseigne, sise à la rue des Grottes depuis plus de trente ans, a eu le temps de voir les choses évoluer autour d’elle. Les bars et les boutiques changent tous les 4-5 ans. Néanmoins, il voit des points communs entre ceux qui partent et ceux qui arrivent: un amour de l’artisanat, de la récup’ et de la production éthique. C’est par exemple le cas de la plus récente des arrivées dans la rue, WUA LABoutique , lieu dédié aux modes africaines, où l’on peut acheter des vêtements en wax ou les faire faire sur mesure par un couturier présent sur place. «On valorise l’authenticité et l’ouverture sur le monde» explique Winnie Kumago, représentante de la marque. «Ici, nous pouvons être nous-mêmes sans être jugées. Nos clients sont très divers, à l’image du quartier, et c’est pour ça que c’était important pour nous de nous installer aux Grottes.»

Certes, le quartier des Grottes est aujourd’hui plus tranquille qu’il ne l’a été par le passé. Certains nostalgiques diraient même qu’il s’est en partie embourgeoisé. Néanmoins, il reste ici de nombreux marqueurs de cet esprit si particulier de la contre-culture à la genevoise. Une vie associative riche et des événements culturels éclectiques pour ne prendre que quelques exemples. De quoi faire de chaque déambulation dans ses rues une petite aventure en soi!

Inès El-Shikh

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