Les Teppes de Verbois

Tôt le matin ou en fin d’après-midi, le soleil pare la surface des étangs des Teppes de Verbois d’éclats dorés.

Quelques canards barbotent paresseusement ou se reposent à l’ombre des herbes hautes. Levez les yeux : vous verrez peut-être tournoyer quelques rapaces. Tendez l’oreille : l’ambiance sonore est due pour moitié au joyeux chant des oiseaux et pour moitié au courants conjugués du Rhône et de l’Allondon. Un peu avant le point de rencontre des deux cours d’eau, sous le viaduc ferroviaire, profitez de la brise fraîche en traversant la passerelle qui permet de passer d’une rive à l’autre. L’auteur vaudois Blaise Hofmann parle souvent d’«exotisme du proche»: la formule convient parfaitement aux Teppes de Verbois, belle parenthèse de nature au sein de notre canton si urbanisé.

Le site, facile d’accès depuis les gares de Russin et de La Plaine, offre un spectacle apaisant sur vingt-sept hectares. Ici, comme le note Gottlieb Dandikler, l’inspecteur cantonal de la faune, la diversité du relief – on passe de la forêt au plan d’eau, de la zone de friche aux falaises – a permis à une faune diversifiée d’y trouver son compte, qu’il s’agisse d’oiseaux, de mammifères ou encore d’insectes. Cet aménagement est le fruit d’une longue réflexion qui a débuté à la fin des années septante, qui a impliqué de nombreuses parties prenantes: autorités politiques, propriétaires terriens, associations de défense de l’environnement, industriels. Au bout de ce long processus aboutissant à son inauguration, en 2001, la réserve est donc devenue cette «utopie réalisée» à laquelle le naturaliste et spécialiste des zones humides, Danis Landenberg, a consacré un ouvrage.

Le long du parcours, plusieurs postes à couvert ont été installés, pour permettre l’observation des nombreuses espèces qui peuplent les lieux. M. Dandliker conseille aux visiteurs de privilégier l’aube pour profiter du chant des oiseaux et du vol des libellules et des papillons ainsi que du crépuscule pour voir sortir les plus gros animaux de la réserve – notamment renard, sanglier, chevreuil ou castor – et de s’armer de silence et de patience. Le jeu en vaut la chandelle!

Inès El-Shikh

Illustration ©Loris Grillet

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