Contribution fédérale aux PA3* : Genève demande le maintien de ses projets.

Stupeur et tremblements: début 2018, Genève apprend que la Confédération n’a pour l’heure retenu qu’un sixième de tous les projets de mobilité soumis à cofinancement pour la période 2019-2022.
De surcroît, près de la moitié du montant total accordé, soit 17 millions de francs, concerne une série de petites mesures de mobilité douce.

Les principales raisons de non-entrée en matière sont le degré de maturité jugé insuffisant, le fait qu’une mesure est coordonnée avec une autre mesure prévue dans un horizon de réalisation plus lointain, ou qu’une mesure est sans effet significatif sur le territoire suisse.

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Choquées, les autorités genevoises sont intervenues dans le cadre du processus de consultation qui s’achevait fin avril pour tenter de convaincre les autorités fédérales de la nécessité d’augmenter leur soutien à la concrétisation des infrastructures nécessaires au développement cohérent de la région.

Le TCS Genève a exprimé son soutien au Canton et l’a invité à négocier, en particulier, la requalification de trois projets prioritaires, à savoir le réaménagement de la place de Carantec, au Grand-Saconnex, la construction d’un axe tram entre la place des Nations et le parc-relais «P47» du Grand-Saconnex et l’aménagement d’un axe fort de transports en commun entre Genève et Vernier.

PA3 – PROJET D’AGGLOMÉRATION DE 3E GÉNÉRATION
Historiquement, les projets d’agglomération (PA) répondent à une volonté de la Confédération d’assurer le développement cohérent des villes, en se basant sur l’articulation urbanisation, transports et emplois. On soumet à la Confédération un certain nombre de mesures que les agglomérations s’engagent à réaliser en contrepartie de la participation à leur financement.

L’impact d’un projet et son rapport coûts-utilité déterminent son cofinancement. Depuis 2008, 5,7 milliards de francs, puisés dans le Programme en faveur du trafic d’agglomération, ont été alloués à des projets urgents lancés dans le cadre des projets d’agglomération des deux premières générations.

L’agglomération franco-valdo-genevoise s’est vu attribuer 850 millions qui ont été répartis entre la liaison ferroviaire Cornavin- Eaux-Vives-Annemasse (CEVA), le tram Cornavin-Meyrin-Cern et le tram Cornavin-Onex-Bernex. En janvier 2018, le Conseil fédéral a proposé de débloquer une enveloppe supplémentaire de 1,12 milliard de francs pris sur le nouveau Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), pour cofinancer les projets de troisième génération.

Navette lacustre Anières-Versoix un projet logique

Le relatif éloignement entre Anières (et les villages voisins) et le reste du canton, de même que les conditions de circulation difficiles, parlent en faveur d’une liaison lacustre «haute» avec la rive droite.

Accéder à la gare de Versoix en une vingtaine de minutes permettra aux habitants de la zone de réduire considérablement le temps de certains de leurs trajets, notamment en direction du canton du Vaud et du reste de la Suisse. Le lien rapide avec le réseau CFF couplé au démarrage du Léman Express le 11 juin assure une cohérence de l’offre.

Le gain de temps pour relier Versoix est d’au minimum 20 minutes par rapport à l’option routière la plus optimiste; aux heures de pointe, il peut même tripler.

Les débarcadères de la Compagnie générale de navigation sur le lac Léman (CGN) existent et les besoins d’aménagements complémentaires sont très modestes. La question de l’accès à la zone d’embarquement mérite une attention particulière: la commune d’Anières annonce avoir identifié plus de vingt places de stationnement disponibles pour les usagers; mais il est clair que cette solution n’est que partielle et qu’elle doit impérativement être complétée par d’autres mesures. Afin d’assurer la tranquillité des
lieux, l’adjonction d’une navette depuis les P+R environnants fait sens, de même que la pose de stations pour vélos en libre-service sur chaque rive (des vélos électriques sont déjà à disposition à la Mairie d’Anières et le réseau pourrait être complété au débarcadère).

Utiliser le lac comme voie de communication tombe sous le sens, en particulier aux confins du canton. Ce projet-pilote, prévu sur deux ans, permettra de clarifier la question de l’adéquation entre l’offre et la demande. La CGN met à disposition une vedette «Col-Vert» pour ce test, avec la possibilité de se doter d’un navire plus moderne en cas de pérennisation de la ligne. Le financement étant assuré, il est à espérer que les Anièrois(es) s’accorderont pour permettre d’inaugurer cette nouvelle traversée cet été.

Henri-Pierre Galletti


Les deux-roues bientôt autorisés sur les voies de bus ?

Des phases de test sont actuellement en cours.

scooter voie de bus

 

Le nombre de deux-roues motorisés a littéralement explosé ces dernières années à Genève. Aujourd’hui, ce sont plus de 55’000 motos et scooters immatriculés dans le canton qui sillonnent les routes. Afin de fluidifier le trafic et faciliter les déplacements, la direction générale des transports (DGT) a souhaité prendre exemple sur d’autres villes telles que Londres ou Baden en Suisse, en autorisant l’emprunt de certaines voies de bus.

Après avoir identifié les emplacements où une telle solution est techniquement et sécuritairement possible, le conseiller d’Etat Luc Barthassat a officiellement lancé le premier test le 14 août 2017 sur la route des Jeunes aux Acacias, sur le tronçon entre le parking P+R Etoile et le carrefour avec l’avenue Vibert, dans le sens Acacias-Bachet. La signalisation a été adaptée avec l’ajout d’un panneau et de marquage au sol.

Le deuxième test débute ce vendredi 13 avril sur la route de Ferney, au Grand-Saconnex. Le tronçon concerné se situe entre le rond-point de la jonction autoroutière du Grand-Saconnnex et la place de Carantec dans le sens entrée de ville. Ici aussi, une signalisation spécifique a été installée. Le but de ce test est de vérifier la pertinence de la mesure dans des conditions différentes du premier essai. L’impact sur la vitesse commerciale des transports publics et la fluidité du trafic seront attentivement analysés. Un bilan sera établi après trois mois.

Les tronçons concernés

troncon acacias voie de bus

 

Route des Jeunes (depuis le 14 août 2017)
Tronçon entre le parking P+R Etoile et le carrefour de l’avenue Vibert.
(dans le sens entrée de ville)

 

troncon grand saconnex voie de bus

 

Route de Ferney (dès le 13 avril 2018)
Tronçon entre le rond-point de la jonction autoroutière du Grand-Saconnnex et la place de Carantec.
(dans le sens entrée de ville)

Répression des scooters équipés d’échappements non-homologués ou trafiqués

Le TCS Genève se préoccupe de la répression des détenteurs ou utilisateurs de scooters équipés d’échappements non homologués ou trafiqués.

scooter bruyant

 

Nous avons constaté qu’un certain nombre de ces véhicules sont malheureusement non­ conformes et causent des nuisances sonores considérables. Nous souhaitons rappeler que les échappements du type, notamment, de la marque Akrapovic ne sont pas tous homologués.

Par ailleurs, certains utilisateurs des équipements homologués d’origine suppriment ensuite le réducteur de bruit. Des sites et des vidéos sont légion sur le net où est expliqué comment supprimer le dispositif « noise reduction », appelé aussi parfois « chicane », « silencieux » ou « DB-Killer ». Nous avons constaté par ailleurs que certains utilisateurs de véhicules ayant recours à ces pratiques se conduisaient de manière irresponsable sur la route et commettaient des incivilités.

Il existe donc un intérêt public évident à réprimer ces pratiques à Genève. Le TCS est engagé avec la police, depuis plusieurs années, dans la campagne publique visant à réduire les incivilités.

Nous rappelons à toutes fins utiles que les bases légales pour sanctionner les échappements et catalyseurs non conformes sont les articles 53 et 177 OETV (Ordonnance concernant les exigences techniques requises pour les véhicules routiers), ainsi que l’art. 219 de la même loi qui prévoit que sont non conformes les composants prescrits en permanence et qu’est puni de l’amende, si aucune peine plus sévère n’est applicable, quiconque-modifie illicitement un véhicule, se fait complice d’un tel acte ou incite à le commettr

Une prime à l’élimination pour les moteurs diesel d’ancienne génération ?

A la suite du scandale du «diesel gate», les velléités politiques visant l’interdiction des moteurs diesel dans les villes sont nombreuses. L’argumentaire est souvent simpliste, car il suffit de prononcer les mots «santé publique», «particules fines» ou «dioxyde d’azote» pour déclencher des réactions de crainte.

 

En réalité, la Suisse a vu les émissions polluantes incriminées diminuer de manière spectaculaire au cours des vingt dernières années.

En moyenne annuelle, elle respecte désormais pleinement les normes annuelles fixées par l’Office fédéral de l’environnement (voir infographie). À Genève, en 2016, la valeur limite pour les particules fines (PM10) n’a été (légèrement) dépassée que sur la seule journée du 21 mars. Quant au dioxyde d’azote (NO2 ), les émissions n’ont jamais franchi la valeur limite durant l’année 2016. Vraiment pas de quoi fouetter un chat, donc. En revanche, force est de constater que, pris de manière individuelle, certains moteurs diesel, les plus anciens en l’occurrence, polluent nettement plus que les nouvelles générations. Plus vite les véhicules équipés de ces vieux propulseurs seront éliminés, meilleur sera le résultat environnemental.
C’est la raison pour laquelle le TCS Genève demande aux autorités d’offrir une prime à la mise hors circuit et au recyclage des voitures équipées d’anciens moteurs diesel. Une telle incitation permettrait en effet d’accélérer le rajeunissement du parc automobile et, partant, de faire de la question des émissions polluantes des voitures un non-sujet.

 

Dioxyde d’azote en Suisse

dioxyde azote suisse 1991
dioxyde azote suisse 1991

Particules fines en Suisse 

particules fines suisse 1998
particules fines suisse 2016

U lacustre, les autorités aggravent les bouchons

Le TCS Genève avait accepté l’installation d’une voie de bus réservée aux transports publics sur le pont du Mont-Blanc à la condition que le trafic du U lacustre soit fluidifié. Les projets en cours ne vont pas dans le bon sens.

 

Actuellement, c’est au quai Gustave-Ador que les choses les plus inquiétantes sont en train de se jouer. Le TCS Genève soutient la création d’une piste cyclable bidirectionnelle sur ce quai, mais en maintenant les voies de circulation existantes et le stationnement longitudinal.

De longues fils d’attente

Le projet officiel veut supprimer 68 places de stationnement pour les voitures et deux places pour les cars, afin d’obtenir deux voies de circulation dans le sens de la sortie de ville. Or, ce n’est pas là que l’on observe les problèmes les plus lancinants; cette mesure est donc contestable. Elle l’est d’autant plus que ce stationnement perdu ne sera pas compensé, alors que ces places ont une réelle utilité dans le quartier.

La multiplication des feux de circulation a toujours un impact négatif sur la fluidité du trafic. Les autorités prévoient l’installation de quatre feux supplémentaires sur le quai Gustave-Ador (rue de la Scie, rue des Pierres-du-Niton, avenue de la Grenade et avenue William-Favre). Leur effet sera nuisible à l’écoulement du trafic et réduira la perméabilité par rapport aux traversées piétonnes et cyclistes. La liaison entre le quartier des Eaux-Vives et les quais ne sera pas simplifiée.

Il convient de relever que les feux engendrent des freinages et des redémarrages augmentant le niveau du bruit, en contradiction avec la volonté exprimée par les autorités de le diminuer. Le sens d’entrée en ville pose quotidiennement des problèmes aux usagers. Cela va s’aggraver dès lors que le projet officiel ne comprend plus une double voie continue: plusieurs présélections à gauche vont l’interrompre. D’autres solutions sont parfaitement réalisables pour éviter ces goulets d’étranglement. À proximité, un autre aménagement contestable a été relevé par le TCS. La suppression de la troisième voie de circulation entre le boulevard Helvétique et la place du Port en direction du pont du Mont-Blanc induira un risque de remontée de files d’attente jusqu’à Frontenex. Le trafic descendant du boulevard Helvétique serait également pénalisé.

Des pistes cyclables mieux conçues

Afin de réduire la distance entre les arbres et les cyclistes, pour éviter d’empiéter sur les voies de circulation, le TCS a proposé en 2014 la pose de grilles cyclables autour des arbres. Cette proposition fait l’objet d’une vaste consultation du Conseil des Déplacements (CODEP), qui a abouti à une solution négociée acceptée par les membres de ce Conseil. Le TCS regrette que cette solution raisonnable ait été abandonnée après l’introduction de la Loi sur une Mobilité Cohérente et Equilibrée (LMCE).

De nos jours, des solutions modernes permettent d’éviter des situations absurdes. Ainsi, la piste cyclable finit à la jonction du quai Gustave-Ador et de celui du Général-Guisan. Un feu donne la priorité aux cyclistes pendant 30 secondes. Or, la plupart du temps, aucun vélo n’est présent. Un simple détecteur à cet endroit supprimerait facilement ces longues attentes inutiles et contribuerait à fluidifier le trafic en direction du pont du Mont-Blanc.

Concernant ce dernier, le TCS préconise la construction d’une passerelle extérieure en amont, afin de revenir à des voies de circulations normales sur le pont. La Ville de Genève doit enfin aménager l’ouvrage qui avait fait l’objet d’un concours de projets
il y a plusieurs années. Le TCS lui-même a primé des concepts de passerelles réalisables sans grands coûts et sans gêne pour les mouvements des bateaux de la CGN.

Peut mieux faire !

Il représente le poumon de la ville et fait battre le cœur des Genevois depuis des années. Reliant la rive droite et la rive gauche, il accueil plus de 70’000 passages par jour. Sur le bien-nommé pont du Mont-Blanc, voitures, poids lourds, 2 roues motorisés, piétons et cyclistes vont et viennent dans un ballet plus ou moins cadencé, dont la chorégraphie a tout intérêt à être révisée avec intelligence et doigté. Voici le bilan de l’essai de piste cyclable sur le pont du Mont-Blanc.

piste cyclable pont du monde blanc

 

Il est d’abord impératif d’envisager enfin sérieusement la création d’une véritable passerelle piétonne accolée au pont, côté jet d’eau. Celle-ci deviendrait un atout marquant pour le tourisme de la ville qui attire chaque année un grand nombre de visiteurs, dont la plupart se révèlent soit piétons et même cyclistes, surtout à l’approche des beaux jours.
En outre, du fait d’un tel trafic sur cet axe névralgique, une amélioration doit être apportée au niveau des quatre points d’accrochage, en amont et en aval des deux rives. Ainsi, une fois la passerelle réalisée, l’actuel trottoir côté lac, large d’environ 3 mètres, serait exclusivement dédié à la circulation cycliste bi-directionnelle. Les vélos – les plus rapides comme les plus lents – pourraient y rouler normalement et de manière continue sur tout le U lacustre.

CRÉATION D’UNE PLATE-FORME SUR LA RIVE DROITE

Actuellement, si un cycliste quitte le pont du Mont-Blanc en direction de la gare Cornavin, il se trouve dans l’obligation de traverser le quai du Mont-Blanc au feu avec les piétons. À cet endroit, ce sont donc des dizaines de personnes à pied ou à vélo qui se retrouvent coincées au même endroit. Pour sécuriser et fluidifier le passage à cet endroit-clé, s’impose la nécessité d’agrandir localement le trottoir existant en créant une plate-forme généreusement dimensionnée, plus ou moins au-dessus du ponton flottant actuel.

PASSAGES CYCLISTES SOUS LE PONT

Pour les cyclistes circulant du quai du Mont-Blanc en direction du quai des Bergues, il serait judicieux d’élargir le ponton flottant sous le pont, actuellement destiné aux piétons, voire d’en créer un nouveau exclusivement destiné aux 2 roues. Outre le maintien d’une bonne fluidité pour le trafic automobile, cette solution permettrait aux piétons comme aux cyclistes de passer tranquillement et sans perte de temps. À noter qu’une solution comparable doit également être étudiée pour passer sous le pont en rive gauche.

ÉVITER L’HORLOGE FLEURIE

Pour les cyclistes allant du quai Gustave Ador en direction du pont, la solution idéale consiste à les faire traverser le Jardin Anglais, non pas au bord du lac mais en longeant le quai Général-Guisan, sous les arbres, puis en empruntant une voie dédiée aux 2 roues à créer entre l’arrière de l’Horloge Fleurie et le restaurant attenant.
Du côté de ce site fort prisé des touristes amateurs de selfies – et donc de pauses prolongées rendant le passage aléatoire, voire dangereux –, ce nouvel aménagement est indispensable pour assurer la sécurité des uns et des autres et garantir l’accès des cyclistes au pont du Mont-Blanc.
Les idées existent donc et, pour beaucoup, les intentions sont là. Reste à s’assurer de la volonté et de l’engagement du canton et de la Ville de Genève, puis à évaluer rapidement un chiffrage des travaux à venir. Une affaire à suivre, et pas seulement par les amateurs de la petite reine…