Maître Bonnant « l’incroyable arrogance des prioritaires »

Rencontre lors du premier Salon international de l’écriture : nous avons interrogé Me Marc Bonnant à propos de la mobilité à Genève. «Je suis un très mauvais sujet, je ne me déplace qu’en voiture, de préférence avec le chauffeur. Je n’aime pas la promiscuité des transports publics. J’en vois la nécessité, mais la foule, le groupe que je ne choisis pas m’est toujours une offense.»

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QUE PENSEZ-VOUS DE LA GESTION DE LA MOBILITÉ À GENÈVE?
Je crois que l’on va de paralysie en paralysie. Certainement nos édiles sont très compétents, mais je ne sais pas très bien comment ils organisent le mouvement. Ils n’en finissent pas de faire des travaux, d’innover mais, au bout de ces innovations, c’est plus une fluidité promise qu’une fluidité acquise. Je suis frappé quand je circule à Genève, et je circule peu, à quel point il est difficile d’aller vers une destination. Presque tout devient aventure.

Presque tout devient aventure

QUE PENSEZ-VOUS DE CETTE TENDANCE DE VOULOIR FAVORISER LA MOBILITÉ DOUCE, COMME SI TOUT LE MONDE DEVAIT ALLER À PIED OU À VÉLO?
Je vois l’idéal qui sous-tend cette proposition-là. Il se trouve que nos vies
obéissent à des rythmes. (…) Et ce rythme là rend, me semble-t-il, difficile que l’on se promène en musardant, dans le bonheur des traversées buissonnières. Aujourd’hui, ce qui me frappe si l’on songe aux grandes évolutions de notre société, ce que je dis n’est pas d’une grande originalité, c’est moins le contenu de la nouveauté que le rythme de la nouveauté. Cela était déjà prédit il y a cinquante ans par un sociologue qui s’appelle Töffler(*), et qui parlait du choc du futur, qui disait que c’est moins un contenu qu’une cadence. Nous faisons des choses perpétuellement, nous sommes perpétuellement en mouvement, le mouvement s’accélère et les techniques conduisent à cette accélération. (…) Je pense que la modernité se caractérise notamment par l’accélération des rythmes et il faut que l’on pense à ce rythme comme étant une matière et pas simplement une cadence. Quand je dis que la cadence est une substance, c’est qu’il faut penser véritablement cette accélération de nos vies qui probablement en altère le contenu.

QUAND VOUS CIRCULEZ À GENÈVE, QUE PENSEZ-VOUS DE LA MIXITÉ DE TOUS CES TRANSPORTS, PIÉTONS, CYCLISTES, SCOOTERS, AUTOMOBILES? ET DES COMPORTEMENTS QUI DEVIENNENT UN PEU SAUVAGES?
Ce qui me frappe, mais une fois encore le trait est un peu outré, c’est l’incroyable arrogance des piétons. L’arrogance un peu moindre des cyclistes. Au fond, plus on est loin de la mobilité, plus on est arrogant. Avec cette manière d’être sûr de son bon droit et d’incarner l’avenir. C’est un peu futile, mon appréciation. Mais lorsque je laisse passer très naturellement un piéton, il traverse sans un regard, sans un sourire, sans un salut, avec cette lourde arrogance de celui qui est dans son bon droit de prioritaire. L’arrogance des prioritaires!

Au fond, plus on est loin de la mobilité, plus on est arrogant.

(*) Alvin Töffler, sociologue et futurologue. Livre: «Le choc du futur».
Gil Egger


 

Cody Almond: tram, vélo, auto

Cody Almond est un joueur de hockey sur glace canadien. Il évolue en tant que centre et fait les beaux jours du GE Servette HC. Grâce à une grand-mère originaire du canton de Soleure, Cody Almond possède la nationalité suisse. Cela lui a permis de revêtir le maillot de l’équipe suisse et de participer aux championnats du monde de hockey sur glace de 2015 en République tchèque.

QUEL EST VOTRE RAPPORT AVEC LA MOBILITÉ?
À Genève, les transports publics sont très simples et faciles à utiliser. Je préfère, la plupart du temps, utiliser le tram plutôt que de me mettre au volant.

AVEZ-VOUS UN MODE DE TRANSPORT QUE VOUS PRÉFÉREZ?
L’équipe du GE Servette HC m’a procuré un vélo électrique lors de ma deuxième saison. Et je l’utilise presque tous les jours. C’est assez facile et très rapide de circuler à vélo dans la ville de Genève. Grâce au marquage des pistes cyclables, la sécurité est bien assurée.

AVEZ-VOUS UNE ANECDOTE PARTICULIÈRE QUE VOUS AIMERIEZ PARTAGER AVEC NOS LECTEURS?
Lors de ma première saison à Genève, je n’avais encore jamais conduit en Europe. Et cela peut être assez différent par rapport au Canada. Je n’étais pas habitué aux petites
routes ainsi qu’aux règles de circulation suisses. J’ai fait, ainsi, l’erreur d’emprunter les voies de bus et de tram beaucoup plus que raisonnablement. Avant un match contre le HC Berne, j’ai accidentellement conduit à contresens dans un sens unique et j’ai embouti une voiture sur le côté. Une femme très fâchée m’a hurlé dessus en français. Je me suis senti terriblement dépourvu et désolé. Au final, j’ai mis cela sur le compte de
la malchance, d’autant plus que nous avons perdu le match contre les Bernois.

QUELLE EST LA VOITURE DE VOS RÊVES?
La voiture de mes rêves est une Aston Martin DB10 (la voiture de James Bond). J’ai eu le plaisir de participer à un test de conduite organisé par Aston Martin avec certains coéquipiers du GE Servette HC. Nous avons tous eu la possibilité de prendre une voiture avec un pilote professionnel et de conduire à travers la campagne genevoise.

QUE FAUDRAIT-IL POUR DÉBLOQUER LE PROBLÈME DE LA MOBILITÉ À GENÈVE?
Des voitures volantes!