« Mobility pricing », ça sonne bien, mais…

Le défi, c’est aussi sans doute ce qui motive celles et ceux qui choisissent de se déplacer aux heures de pointe: c’est tellement sympa de se retrouver dans des bouchons!

Là, c’est une véritable punition qu’on voudrait infliger à travers le principe de la mobilité tarifée à tous ceux qui roulent pour se rendre à leur travail ou en revenir et qui n’ont pas vraiment le choix de leur horaire. Même les CFF y songent… Camouflet infligé au passage aux entreprises qui pourraient bien, après tout, convoquer leurs collaborateurs à 10h30, 15h15 ou 2h du matin… Variante… ou complément, la proposition de l’Office fédéral des routes de remplacer la vignette par une taxe au kilomètre, histoire de punir non seulement ceux qui se déplacent à certaines heures, mais tous ceux qui roulent beaucoup. Comme si derechef cela ne résultait que d’un choix! Nous l’avons écrit en préambule: toutes les mesures visant à modérer le développement du trafic ne sont pas à condamner sans réflexion. Mais on n’ose imaginer un monde de la mobilité dans lequel tout ce qui précède serait cumulé aux fins de dissuasion. Car finalement c’est bien de cela qu’il s’agit: puisqu’aucun élu n’osera jamais se faire hara-kiri en réclamant une interdiction générale des déplacements privés, d’aucuns peuvent espérer que la multiplication des chicanes et des taxes en aura raison. La vigilance s’impose donc face à un acharnement qui ne dit pas son nom.

Didier Fleck


Et revoilà le péage urbain!

Décidément on adore relancer les mauvaises idées qui n’ont pas été concrétisées pour de bonnes raisons. C’est le cas du péage urbain et de la mobilité tarifée en général (voir paragraphe suivant), enterrés par les Chambres fédérales. On connaît le principe, appliqué notamment à Londres, Stockholm et Helsinki: les plaques des véhicules franchissant une frontière urbaine virtuelle sont photographiées et un système informatique facture à leurs détenteurs le prix de l’outrecuidance qui les a amenés à s’introduire en ville. Comme si tous avaient le choix d’aller se faire voir ailleurs et n’entraient en ville que pour narguer l’autorité!

Didier Fleck


Ondes vertes ou rouges ?

C’est au milieu du siècle dernier que sont apparus puis se sont généralisés les signaux lumineux.

D’abord pour tenter de sécuriser des carrefours, ensuite pour réguler le trafic. On s’avisa assez vite que la fluidité de celui-ci commandait une certaine continuité pour ne pas le hacher et l’on «inventa» les ondes vertes, soit une succession sur une même artère de feux calés sur la vitesse autorisée. Mais si cette harmonisation convient à l’automobiliste, on considéra un peu plus tard qu’il fallait protéger la ville de ces flots de véhicules ainsi libérés et l’on fit machine arrière jusqu’à créer une sorte d’anarchie des carrefours… Or, le TCS l’a démontré, les bouchons qui s’ensuivirent sont cause non seulement d’énervement, mais de nuisances amplifiées par la succession des arrêts et redémarrages.

Retour à l’onde verte, dit alors le ministre des transports. On vous propose (notamment) la route de Chancy plusieurs fois par jour à des heures diverses et dans les deux sens pour vous en convaincre!

Didier Fleck